La Vendée a les températures les plus élevées de France, notamment dans l’intérieur des terres. Nous dépassons les 40°c voir 44°c aux herbiers. Nous avons une pensée pour tous les agents exposés. La collectivité va devoir prendre cette nouvelle donnée en considération, notamment pour la conception des bâtiments. Si la climatisation s’impose sur le pourtour méditerranéen, elle va s’imposer assez rapidement en Vendée. Ce ne sont plus des situations isolées. Tout le monde souffrent: agents, matériel…

Les obligations de l’employeur

Vous êtes nombreux à nous interroger sur les obligations de l’employeur. Il faut savoir qu’en réalité le législateur n’a mis en place, aujourd’hui, aucune mesure vraiment contraignante pour protéger les travailleurs exposés aux températures extrêmes:

  • pas de température maximale de travail
  • pas de renforcement du droit de retrait
  • mesure activées uniquement si l’employeur reconnait le risque
  • les mesures ne s’appliquent qu’en vigilance jaune, orange ou verte.

Nous sommes en vigilance rouge écarlate et notre direction regarde les chiffres alors que beaucoup d’agents de la collectivité suffoquent. Certains des agents se consolent en regardant les plus exposés.

Cependant les employeurs ont des obligations:

  • eau fraîche (3l/jour minimum si pas d’eau courante)
  • Ventilation, occultation, brumisation
  • adaptation des horaires et des pauses
  • équipements contre le soleil
  • secours, si travailleur isolé

Pour la CGT CD85, la gestion se fait encore par l’efficience et la résilience en se déchargeant des responsabilité d’employeur sur les subordonnés: “y’a qu’a“; “faut qu’vous“; “si tu n’es pas content tu dégages“… C’est fâcheux. Beaucoup d’agents n’ont pas conscience de la perversité de ce management.

Les premières remontées nous signalent après le premier jour à plus de 40°c à l’ombre que:

  • la direction confond souvent le contenu et le contenant. Il met à disposition par exemple (lorsqu’il y en a) des glacières. Nous rappelons que c’est à l’employeur de fournir l’eau fraiche, et non à l’agent. Nous constatons que des agents apportent alors deux bouteilles d’eau: une première fraiche pour boire de suite et une seconde congelée.
  • Les ventilation, occultations, brumisations sont défaillantes, voir absentes. Les véhicules dont les climatisations sont les plus performantes ne sont pas mis à disposition des agents les plus exposés…
  • Pour les horaires, nous l’avons déjà soulevé, dans certains sites, les aménagements d’horaire sont absents alors que c’est possible (ce n’est pas toujours possible pour la continuité du service public). Certains sont amenés à faire du télétravail.
  • Les équipement contre le soleil sont comme les masques à une autre époque, sont absents. Si certains ont des casquettes, elles ne protèges pas la nuque, lorsqu’elles protègent le visage: “y’a qu’a tourner la visière de la casquette”. Il y a le problème des lunettes de soleil, notamment pour ceux qui portent les lunettes de vues. Les lunettes de soleil à la vue (pour le travail avec un risque de casse) ont un coût.
  • Pour se qui est du travail isolé, c’est déjà un problème en temps normal que la direction occulte, alors dans ces conditions, on n’y songe même pas.

Les agents qui ne peuvent pas travailler

Si des agents sont renvoyés chez eux la tentation est forte pour la direction de leur imposer un congé, ou une récupération. Cependant, la collectivité, dans ces conditions exceptionnelles, peut très bien accorder des ASA (Autorisation Spéciale d’Absence). C’est une situation exceptionnelle, et le renvoi de l’agent chez lui est à l’initiative de l’employeur. À notre connaissance, elle ne le fait pas.

Ce que vous pouvez faire

Il faut se protéger.

Tout d’abord, nous rappelons que l’obligation d’obéir prime sur celui de désobéir.

Ensuite, en cas de danger grave et imminent, vous pouvez faire un droit de retrait (potentiel face aux cas de force majeur: extérieur, irrésistibles et imprévisibles).

Toujours, vous pouvez faire des fiches alertes (disponible sur intranet). Ces déclarations vont rarement trouver une solution sur l’instant, mais elles engagent l’employeur et l’oblige à trouver des solutions.

Enfin, vous pouvez vous mettre en grève. La CGT CD85 a déposé un préavis de grève pour tout le mois de juin.

N’hésitez pas à faire remonter vos observations.


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