La CGT CD85 appelle les agents du Conseil Départemental à la grève, l’après midi du mardi 29 septembre, et la manifestation.
L’action débute à 12h00 devant le CHD (l’hôpital) à La Roche Sur Yon avec un barbecue en soutien du personnel de l’hôpital.
Elle se prolonge à 14h00 par un rassemblement au grand Rond point des Oudairies rue Georges Pompidou à La Roche Sur Yon.
Le cortège passera en principe devant le Conseil départemental.
” Citoyens, agents de la fonction publique, camarades, amis
Chacun connait le sort, de ceux qui ne sont pas su se battre à temps.
Si se faire aimer, pour obtenir ou faire respecter un droit, semble la voix la plus facile et la plus douce, mais, force est de constater qu’elle nous rend, en réalité, aussi, prisonnier, servile.
Nous devons donc être ferme sur nos valeurs, nos principes : républicains, démocratiques, sociaux. Nous le savons à la CGT.
Les oligarques détiennent l’art subtil de lier les volontés contre nos intérêts, contre l’intérêt général, en captant les intelligences par :
- L’éducation de nos enfants (l’école) c’est-à-dire l’avenir ;
- Par la prise de direction des consciences (les médias, la sélection des élites). Leurs armes sont paroles et écritures, plus puissant encore que le poignard, le poison. Ils corrompent ainsi les principes qui soudent l’édifice social, le contrat social. La rigueur des normes est remplacée par des compromis douteux.
- Ainsi, par exemple, l’accompagnement de leurs politiques publiques est remplacé par la gestion par l’efficience et la résilience, c’est-à-dire : « y’a qu’à » ; « faut qu’vous » ; « c’est comme ça » ; « si tu n’es pas content tu dégages » ; « si tu n’y arrive pas c’est que tu n’es pas bon »… C’est un mangement de fainéants, reportant leur responsabilité sur nous, les agents de la fonction publique État, hospitalière, territoriale, mais aussi sur les administrés, notamment les plus vulnérables dont les élèves.
- Par exemple toujours, la sureté (liberté fondamentale, qui est le fait de ne pas être inquiété par l’autoritaire et l’arbitraire) a été troqué par la sécurité. Il ne faut jamais l’oublier que c’est toujours au nom de la sécurité que l’on s’attaque aux libertés fondamentales.
- Par exemple, en outre, ils ont substitué la loyauté (la fidélité à des valeurs, des principes), par le loyalisme (la soumission aveugle à l’autorité). La séduction (« je t’aime bien », « ne je t’aime pas ») est désormais plus importante, en matière de déroulement de carrière, que la compétence, l’engagement, le dévouement, l’expérience acquise par l’ancienneté.
- Nous ne produisons désormais plus que des chiffres. Ils multiplient des opinions, par des appréciations, par des interprétations. Ainsi nous produisons des conneries. Le réel sur l’état de la fonction publique, n’existe pas. Nous sommes inaudibles : « taisez-vous ». Le drame c’est que ça ment, la tragédie serait que l’on se mente.
- Ils ont transformé le « devoir de réserve » des agents en une muselière. Ils ont vidé les instances, au profit de deals gagnant/gagnant dont les perdants sont ceux qui ne participent pas aux deals.
Les services publics sont donc subordonnés aux ambitions politiques, qui corrompent, l’âme et l’esprit de la nation ; aux intérêts personnels. Nos élites imposent leurs lois sur les décombres de toutes les lois, leurs pouvoirs sur la destruction de tous les autres pouvoirs. Ils sont la voie de la décadence.
Les agents de la fonction publique, ne sont ni des privilégiés, ni des fainéants. La sécurité de l’emploi dans la fonction publique territoriale n’est qu’un mythe. Ils nous prennent depuis des années notre bourse (le point d’indice sera encore gelé, alors que l’inflation est galopante) et notre vie (conditions de travail, on ne peut plus se soigner, certains ne mangent plus à leur faim), sans oublier la vie de nos proches…
Les dominants déplorent les conséquences, alors qu’ils chérissent aussi les causes.
N’oublions jamais que les caprices des plus riches se trouvent toujours dans la misère des pauvres et des modestes.
Ils sont donc toxiques. Ils sont violents, très violents. Une violence certes bien policée, bien endimanchée. Chaque agent de la fonction publique connait le sort de ceux qui dénoncent. Ils sont accablés par la dette, la honte, la peur du lendemain.
Mais si nous sommes ici, c’est pour leur dire à nos gouvernants que nous ne baisserons ni la tête, ni les yeux. Au combien nous avons un devoir de réserve, nous les voyons, et nous gravons leurs œuvres dans l’histoire, nous écrivons l’histoire. S’ils font cela, c’est parce qu’ils ont le sentiment qu’ils ne risquent rien, qu’ils ont l’immunité. Il ne faut pas qu’ils oublient, telle la poussée d’Archimède, que leur pression sur les agents et les citoyens, de haut en bas, reçoit aussi une pression, de bas en en haut, inversement proportionnelle à leur inhumanité.
Il nous faut donc regarder l’injustice en face et agir. Alors, nous vous le disons, vos souffrances vont s’apaiser au lieu de croitre. Car vous surmonterez alors le désespoir rongeur de l’inertie. Vous montrerez le chemin de l’espoir aux résignés qui pourrons se retourner. Si votre dignité guérit, sachez qu’elle soulage aussi les plaies de vos proches.
Merci”


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