BILLET D’HUMEUR

Surtout depuis la crise COVID, le corps médical vacille. Non pas par le manque de moyens, mais, plus encore, par la confiance que de nombreux agents (et de citoyens) ont dans la profession.

La Covid a montré l’orgueil et la faiblesse face à la nature de la profession. Les controverses, les règlements de comptes, les prédicateurs, les spécialistes de tout poil, ceux qui vendaient leurs solutions (où l’hydroxychloroquine ne valait pas mieux que les vaccins) sur les plateaux télé, a fait tomber toute une profession de son piédestal. Certains se demandent même si des orgueilleux n’ont pas joués “aux apprentis sorciers”. Mieux qui n’a pas constaté que les médecins étaient soumis à la doxa de leur ordre ? Ainsi, on peut constater une perte de sens dans la profession. Le serment d’Hippocrate est devenu “hypocrite”; le patient est devenu client.

Les médecins sont en réalité de plus en plus méprisés. Ils sont des êtres, des travailleurs comme les autres (avec les bons et les mauvais). Si le pouvoir de faire des arrêts maladies, de se faire rembourser des médicaments, leur était supprimé, ils seraient beaucoup moins sollicités. C’est l’objectif des capitalistes pour faire des économies. Certains (leur ordre) ont baissé la tête devant la finance, en échange de pognon.

Un sujet tabou

Des agents disent: “les ordres médicaux (médecins, infirmiers, dentistes…) sont les nouveaux ordres religieux tels les Augustins, les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites…”(…) “ils ont leurs règles, leur justice…” (…) “on n’y comprend rien, c’est du latin, sauf le dépassement d’honoraire à notre charge”.

Le tragique, c’est que de plus en plus nombreux ont peur d’eux (de leurs pouvoirs et de leur “immunité”). La confiance ne se décrète pas elle se gagne.

Notre rapport à la mort

Si le capitaliste prend notre bourse, il nous prend nos vies. Nos vies (les pauvres, les modestes) valent de moins en moins : que touche désormais nos ayants droits lorsque nous mourons ? RIEN (même plus une voiture).

Le rapport à la vie (à la médecine) est différente de celle de nos parents. Nos vies ont un prix, différent selon les générations. Ce n’est pas une question d’âge. Cela change les mentalités.

Les médecins (infirmiers, dentistes…) étaient les garants de la protection de nos vies. Désormais beaucoup s’en moquent: la vie (la souffrance) est l’occasion d’un chantage à l’argent.

Nombreuses personnes (mises au banc) ne se soignent plus et refusent d’aller voir les médecins. Cela change donc profondément le rapport à la mort. Nombreux n’ont plus peur de mourrir. Cependant, ils ne sont pas prêt à mourrir pour une cause, ils sont prêt à mourrir pour leurs proches.

C’est dangereux, inquiétant pour la société. C’est le signe de la décadence d’une civilisation.

Le PAM


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