La gestion par l’efficience et la résilience est, nous l’avons vu, un management par le vide. Ce vide peut être dû à des périodes de tensions, des problèmes de compétences, des manques de moyens pour répondre aux objectifs, l’absence de cap et de route…

Dans ce vide, où rien n’est prévu, organisé, coordonné, contrôlé, parfois commandé, s’immisce “un management toxique” insidieux: le Caïdat. C’est un système dont les DRH ne peuvent (formation), en principe, ignorer le danger pour les agents.

Il se caractérise principalement par un décalage entre les règles officielles (droit, règlement intérieur, valeurs, principes) et ce qui est appliqué. Car dans ce vide, les règles officielles perdent leurs forces et sont remplacées par des règles informelles. Cela s’illustre particulièrement, au sein de notre collectivité, en matière d’avancements et de promotions, de nominations, d’application des mesures de sécurité (repos récupérateur) …

Ainsi, un cadre prend des décisions autoritaires et arbitraires (avec la complaisance, la connivence, voir la complicité de son autorité) en méprisant les règles, les principes, les procédures… Ce système mis en place (à l’initiative du cadre) est donc généralement toléré par la direction sous réserve, par exemple, que le cadre réponde aux objectifs de la direction, ou qu’il fasse preuve de loyalisme, voir en raison de son carnet d’adresse…

Nous constatons que, généralement, lorsque le cadre applique ce type de management, c’est que ses capacités de savoir, de savoir faire et de savoir être ne sont pas à la hauteur du poste qu’il occupe. Il est en grande difficulté. Pour le cadre, la seule chose qui compte ce n’est plus que sa volonté. Lorsque la pression du bas vers le haut est vraiment trop importante, le principe “une promotion vite et que l’on s’en débarrasse” s’applique. Mais en attendant les dégâts sont importants pour les agents et pour toute la collectivité. Nous n’avons jamais constaté de remise en cause de la collectivité.

Caractéristiques du système

  • le cadre (qui pratique le système) a des pouvoirs exorbitants et pratiquement sans contre pouvoir même de sa hiérarchie (sauf les syndicats).
  • les règles ne sont jamais écrites et sont à l’appréciation du cadre et par conséquent impossible à contester.
  • le management est par la peur (gratification/sanctions).
  • un management de division, d’isolement, mise à l’écart. Le rôle de la maitrise de l’information est importante (partielle, fragmenter…).
  • la pression est permanente (perte de sens).

Ce n’est pas du harcèlement en tant que tel: c’est un système de management.

La structure du Caïdat

Il y a tout d’abord le cadre à la tête du système.

Il y a ensuite les soutiens, qui ne sont pas toujours conscients de leurs rôles. La notion de “conscience” (l’absence) est très important dans leur recrutement. Cette notion est à différencier de l’intelligence. Le Test de Milgram est une référence, pour comprendre les comportements humains.

Il y a toujours les bénéficiaires, qui tirent “avantage personnel ” du système par les avancements, promotions, choix de la charge de travail… Ils ont pour rôle de cimenter le système de l’intérieur. Toute tentative de contestation va être très difficile et très risquée. Cela crée le mur du silence au sein du service.

Enfin, il y a les nombreuses victimes.

Pourquoi le système prospère ?

Tout d’abord, les agents ont peur des représailles, notamment pour leur déroulement de carrière.

Ensuite, ils n’ont aucune confiance dans la direction, les élus, pour régler le problème. Pour la CGT CD85, si les élus et direction ne veulent pas aborder les risques psychosociaux, vraisemblablement c’est en raison de l’ampleur de l’implantation système au sein de la collectivité, des dégâts dont ils sont responsables.

Enfin, beaucoup d’agent victimes sont fatalistes. Ils ont le sentiment que cela ne changera rien. La direction fait des audits et cela ne débouche effectivement sur rien. Cela renforce le sentiment d’impunité du manageur et plus tragique, cela fait des émules. La principale solution est la fuite (changement de collectivité, changement de service…). L’autre solution consiste à passer “bénéficiaire” du système. Pour cela les concessions sont parfois lourdes notamment en matière de relation avec les collègues. Il s’agit de se vendre (certains évoquent de se “prostituer”). Beaucoup essayent d’être le plus discret possible (“je n’y peux rien, je me débrouille“, “vivement le week-end” ).

L’objectif du caïdat ?

Ce système se met en place dans un contexte décadent dont l’objectif n’est plus d’améliorer la performance, mais de contrôler la chute. Cette situation est très violente pour les agents.

Que faire ?

Contre la décadence de la collectivité, on n’y peut malheureusement rien: ce sont des choix politiques conscients. Certains diront volontaire.

Cependant, ce système de management, même dans un contexte décadent, n’est pas une fatalité. Si vous voulez lutter, il faut se protéger derrière une personnalité morale: un syndicat. La CGT CD85 (notamment via cet article) vise à l’éveil des agents et provoquer l’indignation. C’est la première étape. Vous pouvez aussi commencer par répondre à notre sondage n°1, afin que nous puissions faire un état des lieux des ravages du système au sein de la collectivité.

La CGT CD85 a des solutions à proposer et agit. Elle pousse a faire reconnaitre la situation auprès de tous les agents. Elle pousse également le Président a annoncer clairement ses valeurs et principe afin de fixer un cap, une route. Elle rend visible toutes les injustices (elle s’attaque non pas aux Hommes mais à leurs actes). Elle tente d’engager la collectivité dans les risques psychosociaux. Mais pour cela nous avons besoin de vous, de votre soutien.

La réflexion n’est rien sans l’action. Celui qui est neutre face à l’injustice prend en réalité parti pour l’oppresseur.

Cette affiche a été crée par l’IA, toute ressemblance avec des personnages réels n’est que le fruit de ChatGPT.


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