La CGT CD85 a pris sa part dans l’accompagnement des élèves dans leurs luttes. Elle écoute lycéens et collégiens. En les écoutants, on comprend qu’ils souffrent de misopédie. Ils nous ouvrent alors les yeux sur notre société. Qu’est-ce que la misopédie ?

La misopédie est le mépris envers les plus jeunes en raison de leur âges. Beaucoup ont le sentiments que des (beaucoup) adultes méprisent, se moquent, caricaturent, combattent leurs opinions, non pas en raison de se qu’elles sont mais en raison de la qualité de leurs auteurs (âges, ancienneté…). C’est une discrimination (comme la misogénie). C’est une très forte revendication de leur part, qui est souvent inaudible médiatiquement. “Assez vieux pour aller en prison et trop jeune pour voter” pouvait-on lire sur des cartons. On estime que 99% des français ont subit cette discrimination. On retrouve facilement son expression dans les commentaires sur les réseaux sociaux.

Au sein du Conseil Départemental de la Vendée

Nous la constatons aussi au sein du conseil Départemental de la Vendée. Qui n’a pas entendu, par exemple, cette phrase “Les jeunes ne veulent plus travailler !“.

Si on retrouve, par exemple, cette discrimination de façon prégnante (dénoncé par de nombreux Assistants Familiaux) envers les enfants, au sein des services de l’enfance de notre collectivité (alors que l’on peut penser que les professionnels du social doivent être, en principe, sensibilisés), la DRH semble, dans nos échanges, un peu plus sensible à la problématique.

Ce qui est étonnant avec cette discrimination, c’est qu’elle est réversible avec l’âge. C’est-à-dire que les victimes peuvent devenir “bourreaux”, notamment si les blessures n’ont pas été soignées, s’il y a eu une impunité de la part de leurs “bourreaux”. Nous rappelons à cette occasion que la violence est toujours l’extériorisation de la souffrance intérieur. Reproduire cette discrimination est souvent l’occasion de se soulager (généralement de façon inconsciente) sur les autres de sa souffrance, des plaies qui ne se sont pas cicatrisées.

La société, la famille, l’école, inculque très tôt ce culte de l’obéissance aux ainés, aux chefs. Une fois que l’on instaure que “l’adulte (le chef) à toujours raison”, alors c’est la porte ouverte à toutes les agressions (même lorsqu’il à tort). Mieux lorsque l’on dit que le chef remplit mal sa mission, il peut facilement se placer en victime et obtenir du soutient (remise en cause de l’ordre social).

C’est la raison pour laquelle la CGT CD85 met à disposition des agents un test pour mesurer les risques psycho-sociaux au sein de la collectivité.

La CGT CD85 demande à la direction depuis des années, que soit mis un groupe de travail sur les risques psychosociaux. Mais vu sous cette angle, on peut comprendre alors pourquoi la direction ne souhaite pas mettre en place ce groupe de travail, car leur ordre social risque bien de s’écrouler et un autre serait à réinventer (ou rétablir).


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