BILLET D’HUMEUR
Le Président avait annoncé qu’il allait encore faire des économies (« il savait où il pouvait encore gratter »), alors que le budget du Conseil Départemental augmentait. Il a osé.
« Gratter », le terme est juste: des économies de bout chandelle (rien de significatif) qui se font au détriment des services publics, de l’espace public (hypothèque l’avenir), de la sécurité, des agents… Gratter sur le fonctionnement l’entretien c’est son obsession pour toujours investir (“il faut bien faire travailler les entreprises“). Cette obsession qui le fait prendre les pieds dans le « sophisme du tas ».
Ainsi, les agents des routes en ont fait l’expérience désastreuse pour l’entretien des dépendances vertes (entretenues tous les deux à trois ans sous couvert d’environnement), qui a pour conséquences: la casse du matériel (groupes de fauches utilisés pour du débroussaillage; des tracteurs qui prennent feu); une consommation plus importante en carburant (sur régime pour arriver à broyer des ligneux), développement de plantes invasives; développement des sangliers; les ouvrages d’arts (ponts, buses…) sont menacés par la végétation; le personnel souffre…
Cette” expérience” est reproductible pour le salage, pour lequel le niveau de service public a diminué (on sale moins sous couvert d’environnement mais en réalité d’économies). Nous le verrons au prochain épisode neigeux, la responsabilité sera reporté sur les automobilistes (« y’a qu’a »; « faut qu’vous »; « si tu n’es pas content tu restes chez toi »…).
L’entretien des routes, dont la durée de vie incontestablement se dégrade depuis 20 ans, diminue. Ça rogne aussi sur la sécurité des agents, comme: le travail isolé, les temps de repos, la polyvalence (perte de pratiques et de savoir faire). Décadence
Le collectif (les collectivités) se décharge de leurs devoirs au moins moral, voir de leurs obligations, sur l’individu (l’usager, l’agent), en le méprisant voir en le culpabilisant: l’efficience et la résilience, le mérite. Ils peuvent mettre en place cette politique, car ils sont irresponsables. La tragédie c’est qu’ils trouvent aussi des personnes (certains parlent de « des salauds », de « larbins ») pour appliquer leur politique, et des personnes pour approuver.
C’est un signal fort de la décadence. Beaucoup s’interrogent si nous ne sommes pas dans une kakistocratie ou le pouvoir des pires.
Le PAM

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