BILLET D’HUMEUR
La CGT du Conseil Départemental de la Vendée a demandé la mise en place d’une commission sur la mise en place de l’intelligence artificielle au sein de la collectivité. C’est un bouleversement de l’outil de production.
Si les autres syndicats semblent confiants et misent sur la bienveillance de l’employeur, la CGT CD85 n’est ni optimiste, ni pessimiste: elle est vigilante, très vigilante.
Les enjeux pour les agents
L’IA a apporté un gain de productivité bien supérieur aux demandes. Il faudra des années pour l’absorber, pour que l’IA produise d’autres demandes pour développer l’offre (production). C’est une révolution. Dans ce contexte, pour les capitalistes, la guerre, peut être un moyen d’accélérer la demande. Cela peut être une tentation de payer la dette par les gains de productivité et “supprimant des charges ” désormais inutiles (comme le personnel, les bureaux…).
Selon certaines sources, notre collectivité peut demain virer 5 à 10%, en raison de l’arrivée de l’IA, sans que cela affecte la “production” de la collectivité et la réponse à la demande des usager. Il suffit d’une simple réorganisation. Nous savons qu’en la matière, la collectivité a des pouvoirs exorbitants et donc la mesure peut être brutale en cas de nécessité (économies impérieuse en raison d’une crise économique par exemple). Elle le dit. Elle le répète: “vous êtes propriétaire de votre grade, mais pas de votre poste“.
À terme, c’est bien plus d’agents qui pourraient être impactés. Tous les agents seront concernés. C’est la raison pour laquelle la CGT CD85 veille.
Impacts sociaux sur les agents
De nombreuses fonctions (métiers) où la connaissance et l’application de cette connaissance était valorisée (salaire), ne valent désormais plus rien. C’est une révolution !
C’est une pression (par la concurrence), consciente ou inconsciente, pour contenir les revendications et prétentions de rémunération des agents, même sur ceux qui ne sont pas impactés par l’IA. C’est une pression pour réclamer toujours plus de loyalisme des agents (soumission aveugle à l’autorité): “se comporter comme l’IA”.
Les gains de productivité ne reviendront pas aux “travailleurs” (pour du temps libre), mais à l’employeur.
La menace est forte et ça ne rigole plus. Nous comprenons les inquiétudes de ces agents.
Les points faibles de l’IA
Si l’IA permet de gagner en productivité, cependant elle a trois défauts principaux:
- elle n’a pas de conscience
- elle a des biais (volontaire et involontaire) que la collectivité ne maitrise absolument pas
- la collectivité quoiqu’elle dise, ne maitrise pas la sécurité des données et des systèmes. C’est une histoire de confiance. La confiance dans les américains (allié qui maitrise le système) est brusquement perdue.
Aussi les agents qui n’arriveront à prouver que leur fonction n’a pas besoin de conscience (attachement à des valeurs, des principes), sont menacés.
C’est parallèlement tous les métiers télétravaillables qui seront principalement visés, et devront “se justifier” pour ne pas perdre leur emplois. En effet, certains se sont aperçu que les premiers à avoir utilisé l’IA sont les télétravailleurs (via TchatGPT, au mépris de la sécurité des données) afin de se libérer du temps libre et n’assurer plus que de l’astreinte. Si ce n’était pas la pratique de tous les travailleurs, cela pèse désormais inconsciemment dans les esprits de ceux qui devront faire des arbitrages.
Position de la CGT CD85
La CGT CD85 met en place tout un dispositif de veille. Si on ne peut lutter contre cette vague technologique, cependant, il ne faut pas que les contraintes économiques ou dogmatiques s’attaquent aux agents, aux données et aux systèmes, voir s’attaquent aux libertés fondamentales. La tentation est forte. Il faut en garder la maitrise, et ne pas laisser les choix à nos seuls employeurs.
L’enjeu est très important. La CGT CD85 sensibilise et informe les agents. Elle les met en garde contre certains comportements qui lui sont relatés. Pour la CGT CD85 il faut penser collectif et dans le temps long plutôt que individuel et à court terme. Il n’y a rien de pire que de se dire “je n’y peux rien, je me débrouille“. Il n’y a aucune fatalité.
LE PAM


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