Si les AF sont prêt à affronter toutes les violences sociales, la violence la plus insupportable est la violence institutionnelle. Même si les langues se délient en France, elle reste tabou.
Assistant Familial (AF) est certainement l’un des plus beaux métiers du monde. En effet, c’est recueillir des enfants souvent touché par le sort, dans la peine, pour leur offrir “une île d’humanité” ; la chaleur d’un foyer. Quoi de plus beau que de prendre un enfant par la main, le faire grandir, l’émanciper.
Notre activité c’est plus qu’une vocation: c’est un métier ! Un véritable métier dont les conditions de travail sont singulières.

Faut-il faire le métier d’Assistant Familial au Conseil départemental de la Vendée ?
La question nous est régulièrement posé. La réponse de la CGT CD85 est claire: les conditions de travail ne sont pas réunis pour faire ce métier sereinement au sein du Conseil Départemental de la Vendée. Si vous pensez avoir une liberté organisationnelle dans la pratique de votre activité, vous vous trompez. Le service exigera du loyalisme (soumission aveugle à l’autorité) à vous et votre famille. Elle s’immiscera toujours plus profond dans votre vie privée.
Si on vous demande d’investir (travaux, voiture, achat de matériel…), ou vous avez décider d’investir pour faire ce métier, l’opération est très risquée. Pour se venger le service pourra diminuer (voir supprimer: 0€/mois pendant des mois) vos ressources. Mieux le service vous demandera de rembourser des sommes. Vous vous retrouverez, malgré tout, à devoir rembourser vos traites auprès de la banque.
La CGT CD85 dénonce régulièrement l’impossibilité de nombreux AF à pouvoir se reposer, prendre des vacances. La CGT CD85 a dénoncé le vole de congés.
Il faut comprendre que l’employeur a une certaine impunité: pas d’inspection du travail; des action en justice longues et coûteuses…
AF un travail salarié avec les inconvénients des patrons.
Nos droits découlent du manque de reconnaissance de la fonction de parent dans notre société. Élever des enfants demande de l’énergie, des efforts, de l’attention, de l’amour, de l’humanité, des moyens financiers pour répondre aux besoins élémentaires: un toit pour se protéger; à manger pour grandir, l’école, des loisirs pour se socialiser; des soins… Si on est payé pour son travail dans notre société capitaliste, on n’est pas payé pour élever ses enfants (une allocation familiale): c’est la tragédie du manque de reconnaissance, principalement, des “femmes au foyer”.
Assistants Familiaux (AF) nous cumulons les inconvénients des salariés et les inconvénients des patrons. Quel salarié fournit tous les outils de production (toit, machine, matériel…) ? L’AF (au combien est indemnisé) comme un patron, doit tout fournir pour élever les enfants (“production de richesse”). Les investissements sont parfois très lourds et nous engagent vis à vis des banques: voiture, maison… On doit se débrouiller avec l’indemnité que nous octroie notre employeur qui est souvent plus en adéquations (ex 18cts/km pour le transport): “on paye pour travailler“.
Mieux notre client (notre employeur) est très mauvais payeur. Nous (et la CGT CD85 dans les instances) devons sans cesse réclamer. Nous devons faire régulièrement la banque.
Comme un salarié nous avons un contrat de travail qui octroie un pouvoir de direction et de contrôle de notre employeur en échange d’un salaire. Mais ce pouvoir est exorbitant car permanent (parfois pendant les congés, les arrêts maladies), sous couvert de l’intérêt de l’enfant (et des parents). Les exigences sont de plus en plus importantes (contraintes budgétaires, sociales, judiciaires…) tels que être AF ressemble parfois à “du servage”.
On peut en effet avoir le sentiment d’être pris dans une nasse: une nasse budgétaire (remboursement des prêts, des investissements), une nasse contractuelle (le contrat que l’on doit honorer), une nasse affective (les engagement vis à vis des enfants), sociale (et après). On peut alors s’étonner que les politiques s’étonnent de la crise de vocations.
Quelques chiffres (2025) sur les AF au Conseil départemental de la Vendée
- Nombre d’Assistants Familiaux: 365
- Nombre d’enfants placés: 1767
- Nombre d’enfants placés chez des AF: 648
- Nombre de jeunes en attente de placement: 37
- Nombre de jeunes en contrat jeunes majeurs: 165
- Nombre d’Assistants Familiaux avec un accueil: 130
- Nombre d’Assistants Familiaux avec deux accueils: 124
- Nombre d’assistants Familiaux avec trois accueils: 85
- Nombre d’Assistants Familiaux avec quatre accueils: 6
- Nombre de demande de fin d’accueil: 49
- Nombre de démissions: 11
- Nombre de fin de contrat: 5
- Nombre de rupture conventionnelle: 0
- Nombre de départs à la retraite sans poursuite d’activité: 4
- Nombre de départ à la retraite avec poursuite d’activité (CDD): 11
- Nombre d’embauche en CDD: 11
- Nombre d’embauche en CDI: 18
- Nombre de licenciement: 3
- Nombre de reclassement: 0
- Nombre d’arrêt maladie de plus de 3 mois: 13
- Nombre de Mineurs Non Accompagnés (MNA): 383
- Nombre de personnes sélectionnées après le stage obligatoire des 60h: 10
Ce sont des chiffres officielles donnés par l’administration. Nous pourrions longuement commenter ces chiffres: se qu’ils disent et se qu’ils ne montrent pas (l’éternel dérogatoire qui ne rentre dans aucune case). La CGT CD85 a le sentiment que le service se ment. Il n’échappe pas au contexte national et aux très nombreux documentaires et rapports.
Des problèmes structurels
Il y a globalement consensus des professionnels de l’enfance, les départements ne devraient pas encadrer les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et la la Protection Maternelle Infantile (PMI) et on peut rajouter le médical. En effet, il y a un mélange des genres malsain. Ce n’est plus l’intérêt de l’enfant qui est défendu, mais les intérêts de la collectivité.
De plus, les fermetures de lits dans les services hospitaliers, les institutions, font que de nombreux enfants avec des pathologies lourdes (notamment psychiatriques) se retrouvent à être gérés par l’ASE. Les Foyers, les AF n’ont pas les moyens de le faire.
La CGT CD85 ne ressent aucun investissement des élus politiques pour s’attaquer aux problèmes. Peut-être que l’une des raison est qu’ils n’en retirent aucune gloire: “ce sont des coûts” (de fonctionnements). Aussi ASE, PMI, FDE (Foyer De l’Enfance) sont gérés par l’efficience et la résilience: “y’a qu’a“; “faut qu’vous“; “si tu n’es pas content tu dégages“; “c’est comme ça“; “si votre voiture vous coûte plus de 18cts/km, changez de voiture“…

Les services de l’enfance (ASE, PMI, FDE) sont des services autonomes dans au sein du Conseil départemental de la Vendée. Ce sont des services en grande difficulté et qui n’a pour solution que l’autoritaire et l’arbitraire, la répression (sanction et vengeance). Il faut plus de contrôles et surtout de l’aide. C’est la conséquence de la gestion par l’efficience et la résilience.
Il y a une culture de l’omerta. Les agents ne peuvent pas dire. Sous prétexte de l”‘obligation de réserve”, du “secret professionnel”, de la proximité des services avec la justice, de la menace et de la très grande vulnérabilité notamment des Assistants Familiaux, rien ne peut se dénoncer. Chacun connait le sort réservé à ceux qui, indignés, ont ouvert “leur gueule”.
Des problèmes organisationnels, hiérarchique. Un turnover important, des éducateurs de placement supérieurs hiérarchique des AF, une organisation corporatiste etc. Tout est fait (nous le pensons volontairement), pour que rien ne fonctionne sur le principe de “diviser pour mieux régner”. Est-il normal que le syndicat CGT CD85 supporte l’organisation des vacances de nombreux assistants familiaux en mettant à disposition un dispositif pour trouver des relais ? Il faut également une harmonisation des pratiques et procédures entre secteurs, et lutter contre les inégalités de traitement entre AF. Le dérogatoire ne doit pas être banalisé.
La CGT CD85, constate le manque de fair-play du service. C’est la conséquence de tout se qui a été expliqué ci-dessus. C’est inadmissible.
Bref c’est toute la culture du service qui est remise en cause.

Les rapports vont tous dans le même sens sur le sort des enfants placés (ceux que l’on appelait autrefois de la DAS). Les institutions fabriquent des “monstres”. Des enfants cabossés par les institutions qui rajoutent de la tragédie aux drames.
La CGT CD85 s’insurge, alerte, fait des propositions (elles ne sont pas toutes coûteuses). Mais à ce jour, nous n’avons que mépris ou moquerie. Nous n’ignorons rien des difficultés. Nous dénonçons la mauvaise fois.
La fabrique de Minotaure une tragédie française
Nous vous invitons a vous pencher sur l’histoire du Minotaure, victime du sort, victime des institutions, victime des parents.

Les combats prioritaires de la CGT CD85
Nous ne pouvons être sur tous les fronts, mener tous les combats en même temps. Il faudrait, pour cela, rompre “la digue”. Cette digue est actuellement inaccessible car il faut un mouvement massif de tous les Assistants familiaux, sans complaisance, sans connivence ni complicité. Ce n’ai pas le cas, car des Assistants familiaux (syndicats), espèrent toujours (culturellement) qu’en cherchant à se faire aimer on obtient des avancés, ou être préservé, ou plus certainement plus préservé que les autres. En réalité, avec cette positions, les droits de tous les AF reculent.
Pour la CGT CD85, se faire aimer (que l’on aime ou pas la CGT CD85) n’a en réalité aucune importance. Ce qu’il faut c’est être indéniable. Chercher à “se faire aimer” est: se soumettre, renoncer à sa dignité, renoncer à ses valeurs, c’est tromper et se tromper. Le postulat, pour être indéniable, c’est d’être (non pas entendu) écouté. Ce n’est pas le cas. Les instances sont une fumisterie. Le principal décideur (le Président du Conseil Départemental de la Vendée) n’est jamais présent. Il y a toute une série de filtres
Méprisés, moqués, diabolisés, combattus, les AF (et les jeunes, les familles) font face à une violence institutionnelle, banalisée, bien endimanchée et bien policée. Sans cette conscience rien n’est possible. C’est la raison pour laquelle la CGT CD85 fait son travail de syndicat. Elle sensibilise, informe, forme.
Il faut distinguer deux formes de revendications:
- les revendications “aiguës” lié a un évènement, une situation particulière, souvent pour défendre un droit attaqué : la défense d’un agent en Conseil de discipline; licenciement; les frais kilométriques; ne pas voiturer le jour de noël…
- les revendications de fond, souvent pour conquérir un droit, ou un droit pas encore appliqué: le repos mensuel; les problèmes organisationnels…
C’est pourquoi, pour les revendications “aiguës”, nous vous invitons plutôt à suivre notre blog, car plutôt lié à l’actualité. À noter que la CGT CD85 a obtenu de nombreuses victoires:
- le vole de congés jusqu’en janvier 2026. C’est la CGT CD85 qui avait soulevé le poteau rose
- Ne pas véhiculer le jour de noël grâce à un sondage (et malgré le contre sondage de la direction de l’ASE et les bâtons mis dans les roues de la CGT CD85)
- L’application de la loi Taquet
- La rétroactivité de la loi Taquet et le maintien des avantages collectivement acquis…
Qui peut revendiquer d’en avoir fait autant ?
Les revendications de fond
La CGT CD85, dénonce les conditions de “servage” dans lequel sont placés les AF. Plus l’AF est vulnérable (prêts, nouveaux arrivé …) et plus le service abuse de ses pouvoirs. “L’intérêt de l’enfant” n’est souvent qu’un voile pudique pour les intérêts du service, personnel, pour un dogme.
Les revendications sont nombreuses. Cependant voici quatre sujets prioritaires:
- La fin du servage et pour la liberté (le repos mensuel, la prise de vacance effective, la liberté de se socialiser…)
- Le changement de la culture de management du service (le loyalisme; le chantage affectif; autoritaire et arbitraire; les violences institutionnelle; le droit à être informé et écouté…)
- Stop à l’organisation du service par l’efficience et la résilience (le manque de moyens humains et matériel)
- La revalorisation des salaires et indemnités. L’inflation grignote tout.
La CGT pousse ces revendications aussi bien au niveau local que national. Chacun constate le résultats: des rapports édiffiants. Nous savons aussi que le sujet est complexe et les acteurs nombreux. Pour autant, cela ne doit pas dissuader l’employeur d’agir. La CGT CD85 est force de propositions. Certaines revendications ne sont pas des questions de moyens, mais de volonté.
Il n’y a pas de réflexion sans action.
La CGT CD85 a organisé de nombreuses actions qui ont portés leurs fruits: application de la loi Taquet, ne pas véhiculer le jour de noël… La CGT CD85 est se que chacun en fait.




