Récit de la manifestation du 17 octobre 2026 de l’intérieur

Nous avons rarement eu autant de monde dans les rues de la Roche Sur Yon (sauf pendant la réforme des retraites: qui est passée aux forceps du 49.3) ce 17 octobre 2026. La manifestation s’est passée en deux temps et trois mouvements.

Le premier temps était route de Nantes aux Flâneries, symbole de la consommation. Cette initiative était porté par le GJ. L’objectif était de montrer, à ceux qui peuvent consommer, de pas mépriser “les premiers de corvées” qui ne peuvent plus, que de plus en plus de monde sont rattrapés par la voiture balaie du SMIC.

Le deuxième temps a été celui place de la Vendée. Cela a été un moment fort. Il était porté principalement par la CGT et les étudiants. À l’origine cela devait être un rassemblement, mais la foule était tellement importante, qu’il a fallut se déplacer place Napoléon. Puis le cortège voulait allé à la préfecture. Cela lui a été refusé. Le cortège à tourné dans les rues de la Roche. Face au manque de force de l’ordre suffisantes pour assurer la sécurité, et des casseurs d’extrême droite qui se sont infiltrés dans le cortège (ils ont été exfiltrés par le service d’ordre) le cortège s’est divisé en trois. C’est le troisième mouvement. L’un (pour les plus courageux) est parti direction route de la Tranche. Un second est allé direction place Napoléon. Le troisième a eu l’autorisation d’aller devant la préfecture.

Combien étions nous l’après midi dans les rues de La Roche Sur Yon ?

Si la CGT, Solidaire, FSU, la Confédération paysanne, les autres syndicats à de très rares exceptions étaient aux abonnés absents.

Pour être factuel, le cortège s’étendait sur plus d’un kilomètre. Sachant que la chaussée fait 6m de large, à raison d’un manifestant par mètre carré, on obtient facilement 6000 personnes. Par modestie (et que les chiffres on s’en moque), nous allons dire 5000 personnes. C’est plus que les 2000 annoncés dans les médiats mainstream.

photo panoramique prise place Napoléon. 1/3 de l’arrière du cortège était encore place de la Vendée alors que l’avant du cortège s’amassait déjà sous la statue de Napoléon. Il y a 550m. Chacun peu mesurer la densité sur cette photo panoramique et faire son opinion. À noter qu’au plus fort, lors de la réforme des retraites (qui est passée à coup de 49.3), le cortège mesurait plus de 1300 m de long (un record)..

De quoi parlait-on dans la manifestation ?

Dans les manifestations on parle de tout, avec tout le monde. Ce sont des rencontres avec plein de personnes que l’on ne connait pas. On partage un moment de fraternité nationale. On est bien. Que disent les manifestants:

1/ Le sujet principal était le fonctionnement démocratique en France. Sommes nous toujours en démocratie en France ? La réponse était clairement NON, en raison de l’absence de séparation des pouvoir et la tyrannie d’une majorité. Ça évoquait: les référendums, les budget et les lois passés à coup de 49.3, le mépris des résultats des élections… Ça parlait de libertés, d’Europe, des entraves de plus en plus fortes. Si l’extrême droite va au chevet de la démocratie ce n’est pas pour lui demander comment elle va. Beaucoup d’élus deviennent inaudibles.

2/ Le deuxième sujet était la justice. Une justice de classe: la comparution immédiate; l’impunité des politiques; les affaires économiques et sur les mineurs qui n’avancent pas… Il n’y a plus de confiance dans la justice. Si notre justice à un genoux à terre et dénudé n’est plus une question de mansuétude, d’humilité, mais bien parce qu’elle n’a plus de moyens pour fonctionner, pour être indépendante. Il était question de probités des élus et de leurs lois inapplicables dictées par une opinion publique construite sur la peur.

3/ Le troisième, le rôle des médiats mainstream et le rapport avec la vérité. Pour beaucoup les médiats dominants deviennent ridicules, inaudibles. Ils mentent ou répètent les mensonges sans esprit critiques. La Covid a été souvent cité en exemple. On ne sait plus se qui est vrai ou faux. Parallèlement, il y a un ras le bol des boucs-émissaires. Les jeunes dénoncent la misopédie (comme la misogynie à propos des femmes) qu’ils subissent. On devient dingue. Accessoirement, il a été question du vocabulaire employé par les médiats (on ne parle plus “de plan de licenciements”, mais “de plan de sauvegarde de l’emploi” qui ne sauvegarde plus rien). Ils veulent prendre la direction des consciences, faire l’opinion publique avec force. C’est la méthode Trump. C’est très violent. Beaucoup reconnaissent qu’ils ne regardent plus la télévision. Il y a espoir dans des réseaux sociaux.

4/ Le quatrième la situation économique. Beaucoup sont rattrapés par la voiture ballai du SMIC. Les perspectives ne sont pas bonnes. Si ce sujet n’arrive pas en tête des sujets, c’est peut-être par pudeur et peur de l’avenir. Des travailleurs de Bénéteau expliquaient par exemple leur chômage technique. Un autre d’une boite d’Aizenay expliquait qu’il allait être au chômage en fin d’année. Le chômage menace. L’inflation ronge tout. Le prix du carburant explose. Une dame qui vit seule avec des enfants qui font des étude expliquait qu’elle ne mange plus le soir, du jambon blanc, une fois par semaine. La misère est bien implantée.

5/ le cinquième les services publics: les hôpitaux, les écoles… Plus rien ne fonctionne. Beaucoup ne peuvent plus se soigner.

6/ la sixièmes les forces de l’ordre et la surveillance (lié aux libertés thème premier). Ça veille, ça surveille et cela devient malveillant. C’est le rapport entre sécurité et sureté (liberté fondamentale qui consiste à ne pas être inquiété par l’autoritaire et l’arbitraire).

7/ le septième l’IA est un sujet qui fait peur pour des personnes qui sont dans le tertiaire.

8/ la huitième, la menace de la guerre. Personne n’y croie et que la menace c’est la France, l’Europe.

9/ la neuvième (une personne), l’absence de projets politique des candidats. Ils veulent le pouvoir pour le pouvoir.

En résumé, tous le monde avec qui nous avons discutés, dénoncent les casuistes (même s’il ne connaissent pas le terme).


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