Billet d’humeur: Quel type d’agent au Conseil départemental de la Vendée êtes-vous ?

Nous demandons depuis des années, en vain, au Président de fixer un cap, sa route. En d’autres termes qu’il fixe les valeurs et principes. Sans cap sans route, nous ne travaillons plus les uns avec les autres, mais les uns à côté des autres. La loyauté (la fidélité à des valeurs et des principes) à fait place au loyalisme (soumission aveugle à son autorité). Pire la magouille, le complotisme, la conspiration (voir la conspiration) ont désormais gangrenés toutes les couches de la collectivité. C’est la décadence.

Nos dirigeants ont imposé leur pouvoir sur les décombres de tous les autres pouvoirs (les instances sont vides), leurs règles sur les ruines des lois. C’est l’œuvre de nos politiques depuis 20 ans (qui ont cassé le contrat social).

Lors de nos rencontres, nos discussions, avec les agents, face aux drames de la collectivité, globalement, les agents ne savent plus quel comportement à adopter. Ils sont en manque d’inspiration. Nous rencontrons différents types de comportements qui rejoignent ceux de la société. Et notre analyse rejoint dans les grandes lignes par exemple celles d’Alain Bauer. On distingue :

  • Les PRAF (Plus Rien À Foutre). Le niveau de désespoir est tel que pour eux tout est perdu. C’est le repli sur soi : “je n’y peut rien et je me débrouille“. Ils travaillent en fonction de leur rémunération. Ils sont opportunistes et sans espoir. Plus ils sont rattrapés par la voiture balai du SMIC et plus ils s’enfoncent dans ce comportement “animal”. Ils ne font confiance à plus personne. Mais, ils se distinguent, des autres, au fait qu’ils n’ont pas une envie de nuire aux autres, mais seulement “qu’on ne le fasse pas chier“. Ils n’ont plus aucune empathie pour les Hommes politiques. Ils sont de plus en plus nombreux et en perdition.
  • Les larbins et Tartuffes ils sont différents des PRAF par le maintien de subordination à l’autorité. Le larbin fait preuve d’un loyalisme sans faille à son autorité afin de se faire aimer. Il se moque d’en avoir moins du moment qu’il a le sentiment d’en avoir plus que les autres. Pour certains médecins c’est un comportement pathologique. Le Tartuffe est malin et hypocrite. Contrairement au PRAF, il est ambitieux. Les deux sont capables de nuire aux autres et de se venger. Ils sont dangereux.
  • Les P2R (Plus Responsables de Rien). Ils sont généralement au pouvoir, aux responsabilités. Ils se cooptent. Ils pensent à eux avant de penser le monde. Ils gèrent par l’efficience et la résilience : “y’a qu’à » ; “faut qu’vous» ; “c’est comme ça“; “si tu n’es pas content tu dégages“; “si tu n’y arrive pas c’est que tu n’es pas bon“; “fais pas chier“… S’il choisissent parfaitement leurs collaborateurs, cela reste un management de feignant et de fainéant (qui ignore: prévoir, organiser, coordonner, commander et contrôler). Le P2R type, est le président BDE d’école de commerce (bureau des étudiants). C’est le gars qui s’invite gratuitement dans les fêtes des autres, se sert, fout la merde, ne fait jamais le ménage, se casse avant que les flics arrivent. Ils n’assument rien. Ils ne s’excusent jamais. Ils sont reconnaissables car ils se comparent à plus mauvais, cherchent des boucs-émissaires, imposent par la force leur vérité. Ils ont en réalité perdu toute crédibilité et confiance.
  • Les OVFP (On Va les Faire Payer). Ce sont ceux enfin qui ne sont pas fatalistes, qui luttent (informer, faire des recours, dénoncer…). Ils ont un sens de l’intérêt général. Ils pensent le monde, leur famille avant de penser à soi. Ils ont une conscience politique. La question de violence physique est de plus en plus prégnante parmi eux. Le mouvement des gilets jaunes, le soulèvement de la terre, en est une expression. C’est le mécontent: le pauvre qui réfléchit. Cependant, ils ne sont pas unis sur la méthode pour renverser la table : le vote, la manifestation, la révolution… Mais les idées convergent avec les tensions.

La situation est de plus en plus tendue. La défiance vis-à-vis des politiques au pouvoir (et leurs donneurs d’ordre) n’a jamais été aussi forte. Il ne faut pas oublier qu’ils ont pris bourses et vies. La crise pétrolière a tendu plus encore la situation. Si on sait que le séisme va arriver et où, mais il est paradoxalement imprévisible. Plus OVFP n’ont plus rien à perdre, plus la situation sera critique pour les P2R qui par nature sont dans le déni.

Si les Larbins vont suivre les P2R, les tartuffes sont capables de retourner leur veste (vers les OVFP) s’ils sentent leurs intérêts tourner et les PRAF ne feront rien.

La CGT dans tout cela ?

La CGT est un syndicat de lutte structuré et historiquement “révolutionnaire”. Elle connait son histoire, la sociologie, le droit. Contrairement à d’autres syndicats (“les partenaires sociaux” des patrons), elle ne cherche pas à se faire aimer (du patron et des salariés) car la CGT sait que l’on est alors soumis et l’on ne peut alors rien négocier. La CGT sait qu’il n’y a pas de fatalité. La misère est le sort réservé à ceux qui n’ont pas sue se battre à temps

La CGT défend des valeurs et des principes de solidarité, de liberté, d’égalité, de fraternité, de responsabilité. Elle n’est pas dans le principe de vengeance, mais de justice. Elle défend l’outil de production (elle ne casse jamais les outils de production : c’est un principe), pour le redonner la maitrise aux travailleurs qui créent la richesse. Si elle préfère le vote, à la révolution, elle est prête à prendre sa part, le moment venu, pour défendre les intérêts, les droits, des pauvres et des modestes. Elle est (contrairement à se qu’affirme les détracteurs) force de propositions. La sécurité sociale est, par exemple, une proposition de la CGT sur le principe : “je cotise en fonction de mes moyens et je reçois en fonction de mes besoins“. Elle sait qu’elle est dans le vrai puisque la bourgeoisie dépense son énergie à casser cette oeuvre.

Nous constatons que la grande majorité des agents aspirent au désespoir du calme. Et lorsque l’énergie de la vie les quitte, il se rendent compte désabusés, qu’ils ont gâché un temps précieux pour réaliser leur rêve d’un monde meilleur. Pourtant la CGT leur tend les clefs: c’est possible.

Comme le disait D. Tutu: “Lorsque l’on regarde l’injustice en face et que l’on agit, la souffrance s’apaise au lieu de croître, parce que l’on surmonte le sentiment de culpabilité et le désespoir rongeur envenimé par l’inertie. On nettoie la plaie, la sienne et celles d’autrui, qui peut enfin guérir“.

Le PAM


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