Des agents sont en CDD dans les collèges depuis des mois, voir des années. Des CDD (parfois courts) se succèdent (par exemple des remplacements d’agents en congé maladie, longue maladie ou maladie de longue durée, ceux qui en ont “plein le dos”, “pleines pattes”, “plein le cul”…). Ces agents font correctement leurs missions, ils font preuve d’abnégation, de dévouement, ils sont appréciés. Souvent, ils cherchent la stabilité: cette promesse de la fonction publique (à défaut de rémunération correcte). Ils ont parfois même l’assurance (orale) que, lorsque le poste qu’il occupe sera disponible (car leur direction a un faisceau d’éléments que l’agent ne reviendra pas), ils seront titularisés sur le poste: le graal. Ils s’engagent, font des sacrifices, disent “oui” à tout, mais souvent pour de faux espoirs.

En effet, brutalement, on leur indique que leur contrat ne sera pas renouvelé à la suite d’une décision du directeur de ne plus faire de cumuls de CDD au delà de deux ans. Dans trois mois, ils seront donc remplacés. C’est fâcheux. Ils ont le doux sentiment de s’être fait avoir comme “des lapins de six semaines”. C’est très violent. Cela soulève beaucoup de problématiques:

  • Si la fonction publique territoriale est une fonction publique politisée, les agents découvrent, amèrement, que “les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent”. On ne peut donc jamais faire confiance au Conseil Départemental de la Vendée. Il n’y a aucune sécurité juridique des décisions du Conseil Départemental de la Vendée.
  • La mesure est, en quelque sorte, rétroactive. Elle ne s’applique pas pour l’avenir mais bien pour les agents qui sont déjà en poste. En effet, lors de leur prise de fonction, on leur a jamais indiqué que leur CDD serait de deux ans maximum. C’est fâcheux.

Si le Conseil Départemental de la Vendée se plaint de ne pas trouver des agents, notamment pour les remplacements (certains rajoutant que “beaucoup de personnes ne veulent pas travailler, c’est des fainéants”), en réalité ce n’est pas une question de courage, de volonté des travailleurs, c’est principalement une question de confiance dans le Conseil Départemental de la Vendée. La confiance ne se décrète pas: elle se gagne. On peut rajouter également, la rémunération et les conditions de travail. Si certains trouvent la collectivité “dynamique”, “entreprenante”, “combative”, cependant de plus en plus nombreux jugent le Conseil Départemental de la Vendée “vaniteuse”, “pédante”, “méprisante”, “prétentieuse” voir “ridicule”.

On peut comprendre que cette décision d’une fin des CDD au bout des deux ans, va compromettre, encore plus, l’investissement des agents. Le “quiet quitting” a de beaux jours devant lui et ce n’est pas de la faute des travailleurs, mais bien de comportements à la tête du département.

“Faut-il accepter un CDD pour travailler dans les collèges du Conseil Départemental de la Vendée ?” est la question qui nous est régulièrement posé.

Pour ceux qui veulent mener une vie de désespoir calme et mourir en ayant gâché un temps précieux de ne pas avoir réaliser leurs rêves: le service éducation du Conseil Départemental de la Vendée est la bonne porte. Cependant, pour le calme, la sérénité, dans bien des établissements, vous reviendrez un autre jour. Beaucoup nous expliquent qu’ils n’y trouve que “conspirations”, “magouilles” et “séditions” (la double autorité, éducation nationale et Conseil Départemental de la Vendée y est pour beaucoup). C’est souvent un travail de Sisyphe (cuisine, ménage…), qui détruit les corps et l’esprit. C’est subir une gestion par l’efficience et la résilience: “y’a qu’à“; “faut qu’vous“; “c’est comme ça“; “si vous n’êtes pas content vous pouvez partir“… C’est enfin porter “cette croix”, ce mythe, “du fonctionnaire privilégié, fainéant, qui a l’assurance du salaire, de l’emploi”.

Si vous aimez être pris pour “des lapins de six semaines”, ou véritablement pris de court financièrement : pourquoi pas. Si vous aimez naviguer en eaux troubles et avoir deux capitaines (l’un dit “bâbord” et l’autre “tribord”) et s’en prendre “plein la tête”: peut-être. Si vous ne savez pas quoi faire de vos journées, que vous aimez régulièrement faire des kilomètres, ou vous avez du temps à perdre et que vous aimez être payé “une poignée de cacahuète”: certainement. Nous savons que certains aiment se mettre dans “la merde”. Chacun son plaisir.

Le PAM


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