L’exposition des agents des routes aux pollutions

Les agents des routes sont particulièrement exposés à de nombreux polluants:

  • les gaz d’échappement;
  • les hydrocarbures (huiles, carburants…);
  • les poussières de plaquette de frein; les poussières de pneus;
  • les poussières de la route (mélange de bitumes, parfois d’amiantes et autres secrets de fabrication);
  • les peintures et solvants (certains ont été notamment exposés au trichloréthylène);
  • la silice (la CGT CD85 consacre un dossier sur l’absorbant);
  • les conséquences des accidents et véhicules qui brulent (fumées, cendres, restes de citernes…)
  • Exposition biologique (ramassage d’animaux morts…) …

Méprisée, moquée, diabolisée, combattue, pourtant l’avenir donne raison à la CGT CD85. La CGT CD85 a demandé que soit appliqué « le principe de précaution ».

Lorsque l’on parle pollution automobile, on pense tous aux gaz d’échappement, mais c’est oublier des pollutions bien plus importantes comme les poussières de pneus ou de plaquettes de freins. Elles représentent des tonnes sur le bord des routes que des agents doivent évacuer afin d’entretenir et  préserver notre patrimoine routier. Ces polluants ne sont pas neutres contrairement à l’affirmation de notre directions. Nous les sentons. Nous les goutons. Nous les voyons. Nous les respirons. Ils collent à notre peau, nos vêtements, les cônes, aux jantes de voiture, aux pare-brises… Petit à petit les études sortent. Des pays prennent des mesures. Mais au Conseil Départemental de la Vendée la réponse est: « vue de ma fenêtre tout va bien« , « ça ne passe pas le larynx » et sa conséquences « y’a qu’à« , « faut qu’vous« , « c’est comme ça« ; « si tu n’es pas content tu dégages« …


La CGT CD85 tire la sonnette d’alarme sur l’exposition des agents des routes à ces polluants. Elle demande que la collectivité engage une surveillance, une réflexion pour a protection des agents. La CGT CD85 demande que le principe de précaution s’applique. Il ne faut pas attendre que l’on arrive a prouver indéniablement le lien de causalité entre dommage (peut-être des morts) et la cause pour que la collectivité réagisse sous pression d’une action en justice de la CGT CD85 pour « faute inexcusable de l’employeur ».

Mais elle est inaudible. Élus, direction, médecin et infirmière, méprisent, se moquent, diabolisent, combattent la CGT CD85. Pourquoi ? Peut-être tout d’abord, parce que c’est un sujet qui, trop gros, les dépassent.  Ensuite, politiquement, les poussières de pneus remettent en cause notre industrie pneumatique, mais aussi la voie engagée vers les voitures électriques. Enfin, ils pensent certainement à leur impunité: la complaisance, la connivence voir peut-être la complicité de la justice. Vous savez le principe: « responsable mais pas coupable ». À terme c’est un trouble profond à l’ordre social: une tragédie qui se rajoute aux drames

Si la CGT CD85 est parfaitement conscient qu’il est matériellement impossible d’un coup de baguette magique de faire disparaitre le problème. Cependant la collectivité doit prendre des mesures sans se retrancher derrière l’efficience et la résilience se déchargeant de ses responsabilités sur les agents: « y’a qu’à »; « faut qu’vous »; « si tu n’es pas content tu dégages »… C’est une obligation de mettre en place les démarches de préventions.

Parallèlement, si la collectivité s’engage dans « l’énergie verte et locale » (panneaux solaires, hydrogène, biogaz, voiture électrique…) c’est son devoir de prendre toutes les mesures pour protéger l’environnement. Ainsi tous ces polluants sont récoltés par leurs agents remis dans la nature, dans des espaces verts, près des rivières… « La collectivité ment et se ment ».

Les principaux polluants:

Les gaz d’échappement

Si pour la direction des routes, le service santé et plus généralement le Conseil Départemental de la Vendée, les agents des routes ne sont pas exposés car ils travaillent à l’extérieur, pourtant pour les agents des routes, les fumées noires, la suie qui colle sur les véhicules et le matériel (ex cônes), les nausées, etc, rappellent vite à la réalité.

En effet, lorsque l’on met les cônes sur la 2×2 voies, sur le coté du fourgon, le visage est exposé à hauteur des pots d’échappement. Chaque véhicule (voiture camions…), à hauteur du fougon baliseur (fin du dispositif) accélèrent. À chaque véhicule sa bouffée de gaz, parfois bien noire, cela répété chaque jour de travail. Mais cette réalité n’existe manifestement pas pour les élus et direction.
À noter que si les véhicules ne sont pas fait pour faire de longues marches arrières, nous, agents des routes, nous en faisons sur des kilomètres. Avec certains véhicules, les gaz rentrent dans la cabine arrière. Mais bien évidement ce ne sont que conneries.
Que dire des générateurs placés dans les fourgons sans évacuation des gaz d’échappement vers l’extérieur ? On oublie également les outils portatifs thermiques: taille haie, débroussailleuses, tronçonneuses… Dans ce cas nous avons eu une avancée (CGT CD85) avec les appareils sur batteries.

Il ne faut pas oublier les poussières de gaz d’échappement qui se cumulent dans le réseau hydraulique et que nous agents des routes devons nettoyer, à la main, à la truelle, à la pelle, au souffleur, à la brosse métallique (sur débroussailleuse) qui remettent en suspension ces milliards de particules fines et qui se collent sur la peau, rentre dans nos poumons.
Nous, agents des routes, nous n’avons que du mépris, même de la santé.

Poussières de pneus

Ne vous êtes vous pas interrogé sur le devenir des poussières de pneu? C’est l’une des sources de micro plastiques les plus dangereuses. 2 milliards de pneu sont fabriqués chaque année. Ils sont constitués à 24% de caoutchouc synthétiques avec des métaux lourds, des conservateurs…
Des chercheurs américains ont prouvé que la disparition des saumons sur la côte ouest des USA était lié à une molécule 6PPD qui agit contre la fissuration des pneus.
La CGT CD85 a soulevé le problème au CSTFS. Le service santé nous a dit que nous n’étions pas des saumons et les poussières ne passaient pas le larynx. Ce n’est qu’une question de confiance dans le corps médical ?

Poussières de plaquettes de frein

À chaque fois qu’un véhicule freine, Les plaquettes et disques de frein ( et frein à tambour) créent de minuscules particules de métal, de céramiques…
Savez-vous que la pollution aux particules fines est composée à 20% de poussière de frein contre 7% pour les gaz d’échappement ?
Tous les véhicules (thermique, électriques) émettent des poussières de frein.
Il faut savoir que ces particules de métal sont rejetés dans l’atmosphère, se déposent sur les abords (caniveaux, végétaux…) et finissent par rentrer dans nos poumons. En réaction avec des particules riches en sulfates, elles créent un aérosol toxique bien connu. Cet aérosol endommage nos poumons et occasionnent des problèmes respiratoires: pneumonie; bronchite et détruit les globules blancs (système immunitaire).
Les agents les plus exposés sont ceux qui travaillent dans les secteurs à forte densité de véhicules, sur des zones de freinage violent et long (comme par exemple les fin de 2X2 voies); amenés à balayer, nettoyer les caniveaux, descentes d’eau, ou tailler les végétaux; ceux qui travaillent dans les bassin de rétention ou d’orage…
À noter que pendant des années (jusqu’en 2001) les plaquettes de frein contenaient de l’amiante. Bien qu’en principe ces plaquettes se sont usées, les poussières dans l’environnement auraient-elles miraculeusement disparue?
Mais pour le conseil départemental de la Vendée, il n’y a aucun de danger.
La CGT CD85 les a cependant prévenu avec une fiche alerte.

Poussières de la dégradation de la route

Le passage des véhicules (notamment les camions), le temps, la lumière, la température, l’eau, les plantes, les acides, dégradent la route. Si nous voyons les particules les plus grosses sur le bord des routes, nous (agents des routes) pouvons voir aussi l’accumulation de particules beaucoup plus fines.
Si on peut parfois trouver de l’amiante dans les routes (bien que tout soit fait pour ne pas en trouver), les poussières sont essentiellement composées de silices et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) en teneur élevée. Nous travaillons dedans. La CGT CD85 alerte sur le sujet.
Mais là encore manifestement nous ne racontons que des conneries selon la collectivité (et même les éminences médicales de la collectivité).

Comment agir

La CGT CD85 est force de proposition.

Les agents des routes sont exposés à bien d’autres polluants (souvent sans protection): les poussières et gaz après les incendies de véhicules (les agents ont la charge du nettoyage); les vapeurs de résine et de solvant (de peinture routière); les déchets de la route suite à des accidents (des graisses, hydrocarbures, huiles,…); poussière de béton … La CGT CD85 a consacré une page spéciale sur l’absorbant à base de terre de diatomée calcinée. 

Tous ces déchets sont généralement entrainés par l’eau et le vent, puis bloqués par les herbes, les fissures, les canalisations, les fossés, les bassins d’orage ou de rétention. Les polluants y sont concentrés. Les méthodes d’entretient (brosses rotatives, souffleurs, aspirateurs…), voir d’extraction les mettent en suspension dans l’atmosphère. C’est à cet instant que l’exposition des agents est maximale. 

S’il n’est possible pour la collectivité de combattre le risque à la source (le législateur peut agir et il a agit dans certains pays), la collectivité peut analyser « loyalement » les risques, étudier les méthodes de travail, l’exposition des agents… Elle peut par exemple rendre obligatoire le fait de mouiller les poussières afin de limiter la suspension des poussières dans l’atmosphère. Elle peut identifier et concentrer les zones où ces polluants se concentrent (bacs de rétentions). Elle peut sensibiliser les usagers de la route de n’accélérer que 100 m après le fourgon. Elle peut tout d’abord avoir la volonté de se saisir de la problématique et de discuter avec les personnes concernés et sensibilisés à la problématique.