La CGT CD85 tire l’alarme depuis des années pour les services de l’enfance: Aide Sociale à l’Enfance (ASE), La Protection Maternelle Infantile (PMI) et le Foyer de l’Enfance (FDE)
La CGT CD85 n’est pas seule a avoir alerté de la situation: un ancien Directeur Général Adjoint du pôle avait alerté et fait des propositions.

La CGT a « la dent dure » avec ces services du Conseil départemental, mais aussi contre la justice, l’hospitalier, l’Etat. Elle n’est pas isolée. De nombreux rapports alertent sur la situation de l’enfance. L’institution produit des « Minotaures ».

Chacun se renvoi la responsabilité: rien ne bouge. La société le paiera. La collectivité a sa part. Elle en est comptable. Ce n’est pas toujours qu’une question d’argent et il ne faut pas tout remettre à des questions d’argents.
Si les combat de la CGT CD85 ont permis d’avancer sur certains sujet, depuis 2007, la situation globalement ne s’améliore pas. Elle a recueilli de nombreux témoignages.
Voici les principales revendications de La CGT CD85:
- Il faut redonner du sens au service: valeurs, principes.
- La PMI ne peut plus être rattaché aux Conseils départementaux. Il faut une séparation ASE et PMI.
- Il faut tendre vers la sureté (liberté fondamentale) pour tous les protagonistes. Stop à l’autoritaire et à l’arbitraire. C’est la condition essentiel pour apporter de la sérénité et être attractif.
- Les lois et l’esprit des lois doivent être appliqués. Ainsi par exemple le temps de travail doit respecté.
- Il faut la sécurité juridique pour tous les protagonistes.
- Il faut plus de moyens humains: agents supports; éducateurs de placement…
- L’ASE ne doit pas être un électron libre du Conseil Départemental.
- « L’intérêt de l’enfant » ne doit pas un « fourre tout », un « voile pudique » de l’intérêt du service.
- Les Assistants Familiaux ne doivent pas être en position de servage: droit aux congés, droits au repos, droit à la vie privée… Est-il normale que ce soit la CGT CD85 qui mette à dispositions de AF les moyens d’organiser les relais pour prendre des vacances ?
Attention, des enjeux arrivent: l’Intelligence Artificielle risque bien de bouleverser bien des lignes en la matière; la crise démographique … Il faut en débattre ensemble et ne pas subir.
Ce sont des services incompatibles avec un fonctionnement par « l’efficience et la résilience ».
Depuis 2007, la CGT CD85 a interpellé tous les présidents du Conseil départemental de la Vendée successifs sur la situation des services. Il faut que les élus changent de référentiels et prennent le sujet à bras le corps.
Pour la CGT CD85, le management par l’efficience et la résilience (« y’a qu’à« ; « faut qu’vous« ; « si tu n’es pas content tu dégages« …) est particulièrement incompatible avec les missions de ces services. Elle crée de la violence institutionnelle. Tout le monde (agents, vendéens…) en souffre.
Nous comprenons que le sujet ne passionne pas les élus: un service qui coûte cher; un service qui ne traite que de problèmes; un travail qui ne se voit que lorsqu’il n’est pas fait…
La CGT CD85 a déposé des préavis de grève, fait des manifestations. Rien de significatif avance. Pourquoi ?
Tout d’abord la problématique est nationale avec de multiples intervenants. Chacun se renvoi la responsabilité. Le législateur a mis plein de règles en place et chacun constate que peu s’appliquent et le risque contentieux est faible. Ainsi chacun est le roi chez lui.
En outre, les collectivités, établissements, ministère de la justice, ministère de la santé ont manifestement intérêts (maitrise budgétaire) à la sclérose de la situation.
Le sujet intéresse peu la population, et les victimes ont peu les moyens de se faire entendre.
Toujours, le loyalisme (soumission aveugle à l’autorité) c’est très bien implanté dans ces services. L’application abusive du secret professionnel, du droit de réserve, (et la répression) musèle les agents.
Enfin, la CGT CD85 constate que le corporatisme, et la charge importante de travail, empêche toutes synergies et mobilisation des agents pour améliorer significativement les conditions d’exercice.
Ainsi les services s’assèchent en professionnels sous le regard satisfait de ceux qui veulent faire des économies: « on trouve personne »; « En attendant, faites office de… »… Les éducateurs, assistants familiaux, assistants maternels, assistants sociaux n’attirent plus. La collectivité « fait les sortis d’écoles ». Le « turnover » des agents est important. Cela répond à la même logique que la médecine: « faire baisser les chiffres, les dépenses: chasser les malades plutôt que la maladie«
Si les agents sont exposés à la « violence sociale », « familiale », celle qui est la plus insupportable est la violence institutionnelle. C’est une violence bien policée, bien endimanchée. Certains parlent de « banalité du mal », une violence invisible lorsque l’on est plongé dedans. C’est principalement cette violence qui engendre de la violence dont les agents de proximités sont les premières victimes. Pour la CGT CD85, il faut commencer par lutter contre celle-ci. L’instauration des agents de sécurité, des vitres, des caméras, des fractures informatiques (le fait d’être en face d’un ordinateur plutôt qu’une personne) retirent toute humanité et participent à la violence. A contrario exposé l’enfant à ses parents violents dans une salle d’attente en attendant une visite médiatisée n’est guère mieux.
Ces services ont besoin certes de moyens financiers et humains, mais ils ont besoin, avant tout, non pas de sécurité (qui n’est pas une liberté fondamentale ) mais de sureté (le fait de ne pas être inquiété par l’autoritaire et l’arbitraire), de sécurité juridique. Cela est valable pour les usagers, mais aussi pour les agents. Est-il possible de placer un AF pendant des mois sans possibilité de ressources ? Cela passe par changer de référentiel (d’état d’esprit), de la formation.

Les enquêtes administratives contre les agents
Les enquêtes administratives dans les services de l’enfance en disent long sur l’état d’esprit de ses services. Dans un état de droit, globalement deux procédures sont possibles: accusatoire ou inquisitoire. La collectivité choisit très majoritairement des procédures inquisitoires (ty enquête de police, contrôlé par un procureur ou juge d’instruction). La collectivité a deux obligations ne pas faire condamner un innocent et ne pas se venger. Pour cela elle doit respecter des principes et des formes: noter les questions et les réponses; le droit à être accompagné de la personne de son choix… Force est de constater, pour les agents que nous accompagnons, qu’il n’en est rien. C’est fâcheux. C’est pour la CGT CD85 très inquiétant pour les agents, mais aussi les usagers qui peuvent être en position de vulnérabilité. Ce qui étonne la CGT CD85 c’est que si la forme est la même (ce que nous soupçonnons) pour les compte-rendu d’enquête des Informations Préoccupantes (IP), c’est que la justice s’en satisfasse. Ce serait un grand trouble à l’ordre social. Cela expliquerait beaucoup de situations. Pourtant cela peu se corriger facilement avec de la formation..
Éducateur de placement
La CGT CD85 a alerté sur la méthode pour placer les éducateurs de placement comme les suppérieurs hiérarchique des assistants familiaux (AF). En effet, la direction l’a enveloppé d’une nouvelle mission: réaliser les entretiens annuels. Comme les entretiens annuels ne peut être fait que par les N+1, aussi, de fait, les éducateurs de placement sont devenus les supérieurs hiérarchique, sans moyens supplémentaires, sans reconnaissance supplémentaire, des AF. C’est le sort réservé à ceux qui n’ont pas su se battre à temps. C’est la stratégie de la direction du « quiet promotion » ou « quiet hiring ».
Gagner temps c’est gagner de l’argent
Les conditions de ces services (ASE PMI FDE) se sclérosent. La CGT CD85 constate qu’il n’y a aucune volonté politique que la situation des services s’améliore. Pour les élus, le « social », si c’est un devoir moral (vis-à-vis des conséquences de l’organisation de notre société), ils le perçoivent aussi (et avant tout) comme un coût qui ne leur rapporte rien. La crainte n’est pas que le « château » (le service) s’écroule mais le coût de l’éboulement. Alors les élus n’y touchent pas, ou par petite touche, par opportunisme. Tout est prétexte pour ne rien réformer.
La CGT CD85 (avec des agents) a fait des propositions pour améliorer les conditions de travail. Ce n’est pas qu’une question de coût. Ce n’est qu’une question de volonté.
« Si vous ne pouvez pas parler, la CGT CD85 est là pour vous écouter et peut porter votre parole »
FAQ
Avez-vous gagné des avancés significatives face à la direction ?
Les principales avancées significatives ont été pour les Assistants familiaux: application de la loi Tacquet, le Principe de ne pas véhiculer le jour de noël… La CGT CD85 a aussi accompagné des agents dans des dossiers individuels qui ont fait avancé (sans bruit) des causes collectives: changement de procédure, de comportement…
Quelle est pour vous les métiers de l’enfance le plus en tension ?
Tout d’abord il y a les Assistants Familiaux en raison de leur statut très particuliers. Certains sont en position de « servage ». Ils cumulent les inconvénients des salariés et des patrons. De plus la collectivité est très mauvais payeur.
Ensuite, il y a les éducateurs de placement. La situation s’est significativement dégradé à partir du moment où ils ont été placé supérieur hiérarchique (entretiens professionnels) des assitants familiaux.
Enfin, les agents supports (administratifs, comptables…) notamment à l’ASE ou FDE. Il manque du personnel. Les retards de remboursement sont inacceptables. Lorsqu’ils sont absents, plus rien ne fonctionne.
Que pensez-vous de « l’intérêt de l’enfant » ?
La CGT CD85 est très attachés aux droits de l’Homme et aux droits des enfants. Sur certains dossiers, nous avons la faiblesse de penser que « l’intérêt de l’enfant » n’est « qu’un voile pudique » pour masquer l’intérêt du service (ou des dérives). La CGT CD85 s’interroge, et elle n’est pas la seule.
C’est comme « le droit de réserve » ou « le secret professionnel ». Nous rappelons que tout fonctionnaire est soumis à l’article 40 du code de procédure pénal. Peu d’agent l’utilisent, car ils n’ont pas confiance dans la justice et peur des représailles de l’employeur qui a des pouvoirs exorbitants notamment sur les déroulements de carrière.
Que pensez-vous de la situation des Assistants Familiaux ?
La situation des Assistants Familiaux (AF) mérite un dossier propre à leur métier. Comme nous l’avons dit, leur situation a le goût, l’odeur et la forme « du servage ». La collectivité (certains agents) abuse de sa position d’autorité et la position de faiblesse (économique) des AF, sous couvert de l’intérêt de l’enfant.
Ainsi la collectivité s’assèche inexorablement en AF. Les campagnes de recrutement sont une hypocrisie. La meilleure publicité est « le bouche à oreille ». La collectivité, depuis quelques temps, oeuvre en réalité pour des placements collectifs, peut-être (l’avenir nous le dira) sous-traité à des associations.
Si la collectivité souhaite recruter, cela passe par le respect des AF: respect des engagements; respect de ses règles; respect des lois; respect de l’égalité de traitement entre les AF…
