(Billet d’humeur du PAM)
Le service des routes, comme beaucoup de services du Conseil départemental de la Vendée, est très déconcentré. C’est la conséquence de la gestion par l’efficience et la résilience impulsé par le Président: « y’a qu’a« ; « faut qu’vous« ; « si tu n’es pas content tu dégages« ; « c’est comme ça« … L’autorité fixe l’objectif, impose les moyens (temps, finance, qualité) et les subordonnés doivent y répondre sans discuter (loyalisme: soumission aveugle à l’autorité).
Ce management ne demande à la hiérarchie en réalité aucune compétence, seulement un peu d’autorité (un pouvoir autoritaire et arbitraire qui ne cesse de croitre). En effet inutile d’avoir des compétences car la responsabilité et la mise en oeuvre est délégué au subordonné. La délégation va en réalité parfois très loin. Des exécutants doivent parfois prendre l’initiative de corriger de grosses conneries (sans aucune reconnaissance). C’est un management pour fainéants et feignants.
Ce management est l’ennemie de la défense de l’intérêt général (de la collectivité) car l’agent est focalisé sur la réussite de l’objectif sans donner du sens (pas de conscience) à ce qu’il fait. Il en vient à développer des stratégies, pour s’adapter aux attentes de l’autorité (généralement faire des économies), et ce au détriment de la collectivité.
Cela développe le mensonge, se mentir, et la triche. Le meilleur moyen est la production de chiffres. Car « le langage des chiffres est comme le langage des fleurs, on leur fait dire n’importe quoi ». Comme la hiérarchie ne sort plus de leurs bureaux (pour preuve le directeur des routes aime répéter: « vue de ma fenêtre tout va bien« ) et lorsqu’elle sort, « elle regarde et ne voit rien » (comme aimait à le répété un technicien qui avait de la « bouteille »).
Ce système développe les boucs émissaires des échecs. Le meilleur est la météo qui n’a jamais d’avocat pour la défendre: Les Floralies, l’épisode neigeux de janvier 2026, les chantiers routiers mal réalisés… Il y a aussi le subordonné qui ne peut se défendre (obligation de réserve). La CGT CD85 sans avocat serait parfait pour alterner. La collectivité peut aussi compter, pour se défendre, sur ceux qui sont atteint de « larbinisme ». Vous savez cet état pathologique, ce blocage, qui vise à prendre automatiquement la défense de ses supérieurs au détriment de « sa classe » et souvent de ses propres intérêts.
Ce système à aussi pour conséquence une hétérogénéité sur le département. Si ça triche ce n’est pas toujours de concert. Chacun fait se qu’il veut: méprise les règles, les principes… Ainsi on observe régulièrement une certaine cacophonie. Si des services supports essayent d’harmoniser les pratiques (ex: la DRH, service juridique), en réalité chaque responsable fait ce qu’il veut, comme il veut.
C’est le terreau fertile à la selection de beaucoup de « Tartuffes » qui « savent se vendre« . Ils pensent d’abord à leurs intérêts personnels plutôt qu’à l’intérêt général. Rare son ceux qui pensent à l’intérêt général et nombreux sont ceux qui se démobilisent par manque de reconnaissance.
L’impossibilité, pour de nombreux agents, de dénoncer ce système, est la tragédie qui se rajoute au drame. Beaucoup sont comme Orgon (« Je vous ai dit déjà que j’ai vu tout moi-même« ), face aux arguments de sa mère, Mme Pernelle, dans Tartuffe Acte V scène 3 de Molière: « Mon fils, je ne puis du tout croire qu’il ait voulu commettre une action si noire« ; « Les gens de bien sont enviés toujours« ; « Que chez vous on vit d’étrange sorte, et qu’on ne sait que trop la haine qu’on lui porte« ; « Je vous l’ai dit cent fois quand vous étiez petit : la vertu dans le monde est toujours poursuivie ; les envieux mourront, mais non jamais l’envie« ; « On vous aura forgé cent sots contes de lui« ; « Des esprits médisants la malice est extrême« ; « Les langues ont toujours du venin à répandre, et rien n’est ici-bas qui s’en puisse défendre« ; « Mon Dieu ! le plus souvent l’apparence déçoit : il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit« ; « Aux faux soupçons la nature est sujette, et c’est souvent à mal que le bien s’interprète« …
Il est de la seule responsabilité du Président du Conseil Départemental de la Vendée, car nous l’avons prévenu.
Le PAM


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